"le publiciste pense, le privatiste récite"
"le publiciste pense, le privatiste récite"
Vu l'article 1382 du Code civil,
Attendu qu'il n'existe de droit sérieux et efficace qu'un droit qui soit écrit et à la destination de tous,
...
Attendu que le droit privé substitue au sens aigu du verbiage, propre au droit public, l'art de la concision qui dose subtilement un esprit de géométrie et de finesse,
Que les publicistes ignorent foncièrement la maxime de Confucius : "Etudier sans méditer est vain, méditer sans étudier est périlleux",
Que le droit privé a, de tout temps, régi les rapports entre tous les êtres humains, contrairement à son homologue publiciste longtemps cantonné aux rapports entre les membres d'une aristocratie
mondaine et décadente, délibérément fermée à ce qu'elle qualifie de "vile multitude",
Que la plupart des branches du droit public posent en effet des règles dont tout le monde se fout (droit constit, droit administratif général, droit communautaire institutionnel etc.) et aura tôt
fait d'oublier une fois celles-ci ingurgitées,
Attendu que si, comme nous, tu constates que tout publiciste l'est par défaut, après s'être tapé des taules monumentales en droit civil 2e année, ayant dû ainsi sinistrement renoncer à une
carrière d'avocat d'affaires au grand dam de ses parents chéris,
Qu'au surplus tu sais que certains avocats publicistes, après avoir pitoyablement manqué une entrée au conseil d'état, après s'être fait rétamer au grand oral de l'ENA et avoir tiré un trait sur
leur ambition de devenir maître du monde, ont dû pour beaucoup se spécialiser (en surnombre) dans le contentieux des sanctions disciplinaires infligées aux collégiens sauvageons,
Que si tu constates, au surplus, qu'à la vingtaine de constitutions françaises décédées à la suite soit d'un suicide (10 juillet 1940), soit d'un assassinat (2 décembre 1851), ce qui a survécu,
puis est resté et restera éternel c'est bien notre code civil,
Que si tu déplores que des textes législatifs privatistes soient galvaudés par des énarques qui, transformant la science en prescience, ne connaissent de l'iceberg juridique que la partie émergée
et prétendent rédiger des lois dans des domaines dont ils ne connaissent rien,
Que si tu préfères à jamais la majesté des cours d'appel judiciaires l et des robes rouges à hermine, à la froideur des cours administratives d'appel où règne la même odeur que dans les hôpitaux
et dont les "magistrats" et "avocats" ne portent pas même de robe (!),
Que si, pour toi, la noblesse d'un commentaire d'arrêt en droit civil l'emporte toujours, en subtilité comme en intérêt, sur un QCM de 30 minutes en finances publiques ou en droit
communautaire,
Que si, de la même manière, tu estimes que la connaissance du droit des entreprises en difficulté, de la PI, du droit du travail, ou encore du droit immobilier est bien plus utile à tout un
chacun qu'une dissertation sur les rapports entre gouvernement et parlement de 1958 à nos jours,
Que si tu te sens révolté après l'usurpation, par les publicistes, du sigle "DIP" initialement réservé au droit international privé, agissement constitutif de parasitisme et d'un trouble
manifestement illicite au sens de l'article 809 du Code de procédure civile,
Que si tu penses en outre, avec toute la sagesse privatiste, que l'intérêt général n'est en vérité rien d'autre que la somme des intérêts privés, lesquels bénéficient de la protection de
l'article 545 du Code civil,
Que si tu préfères en conséquence la raison partagée à la folie pure, l'observation concrète aux projections absolutistes ou simplistes, ainsi Aristote à Platon, Locke à Hobbes, Montesquieu à
Rousseau, Tocqueville à Marx, Aron à Sartre, Bergson à Freud, Sylviane Agacinsky à Simone de Beauvoir,
Que si tu rejoins un éminent juriste comme Michel Debré (publiciste au demeurant) pour dire que "la magistrature administrative n'existe pas" et que, par conséquent, le droit public se trouve
atteint de nullité pour défaut d'objet, en application de l'article 1129 du Code civil,
Que si tu es convaincu que, sous couvert de son élitisme revendiqué, le droit public ne fait que tenter d'escamoter son statut de parent pauvre du droit privé, fait constitutif du délit de
publicité trompeuse, prévu et réprimé par les dispositions des articles L 231-1 et s. du Code de la consommation,
Que tu considères, même de façon surabondante, que tout publiciste est un politicien raté ayant dû tenter les difficiles reconversions après avoir loupé un siège de parlementaire planqué,
Qu'en pensant ainsi, sous réserve que cela soit sans le moindre sérieux, tu seras le bienvenu dans le groupe susvisé.
PAR CES MOTIFS :
CASSE ET ANNULE le droit public en ce qu'il prétend vainement à la qualité d'ayant cause du Droit privé.